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Les Bonnets Rouges

Collectif de lutte rennais contre la répression politique et sociale...

Les temps sont durs.
Devant ce constat, les gestes de révoltes individuels et collectifs s'intensifient.
Et la contre offensive de l'État devient de plus en plus violente et susceptible de s'abattre sur chacun d'entre nous.
Elle s'accompagne d'opérations médiatiques ayant pour but d'installer dans la tête des gens que cette répression est normale et nécessaire, et de faire en sorte que le mot
« terroriste » remplace celui de « révolté ».

Les cas de répression politique deviennent monnaie courante ces dernières années, à Rennes comme ailleurs : des émeutiers de novembre 2005 condamnés à des peines exemplaires dans l'indifférence générale, des émeutiers du CPE jugés en comparution immédiate sans aucun soutien juridique, des syndicalistes étudiants inquiétés à Rennes sous la pression d'enseignants anti-bloqueurs lors des grèves anti CPE, l'acharnement judiciaire et politique contre les ex membres de brigades rouges (Marina Petrella, Cesare Battisti) envers qui la France s'était solennellement engager à ne pas les extrader vers l'Italie, des faucheurs anti OGM condamnés à des peines de prison ferme, des syndicalistes enseignants de Saint Malo poursuivis devant la justice pour avoir déployer une banderole sur leur école, deux personnes qui ont écopés de 5 mois de prisons dans le cadre d'une procédure anti
terroriste parce qu'ils se rendaient devant le Centre de rétention administratif de Vincennes avec des fumigènes et des crèves pneus, le collectif de soutien aux personnes sans papiers de Rennes traîné devant la justice pour
« outrage au ministère de l'intérieur » pour avoir oser
dénoncer les conditions d'arrestation et de détention des sans papiers en France, des personnes poursuivis et condamnés à de lourdes amendes pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN lors d'arrestations
policières, le maintien en détention de Georges Ibrahim Abdallah (militant communiste libanais détenu en France depuis 24 ans), Georges Cipriani (militant révolutionnaire d'Action Directe incarcéré depuis plus de 20 ans)et Régis Schleicher dans le cadre de la rétention de sûreté, des
syndicalistes kanaks de l'USTKE en grève depuis des mois contre Véolia et arrêtés lors d'affrontements avec la police sur des piquets de grève et condamnés à des peines de prison ferme, des militants indépendantistes bretons victimes d'un acharnement judiciaire sans nom dans l'affaire de Quévert pour laquelle ils ont pourtant été disculpés, la remise en détention de Jean Marc Rouillan pour avoir oser s'exprimer publiquement en affirmant le
point de vue politique suivant : « la lutte armée à un moment donné du processus révolutionnaire est nécessaire », des syndicalistes de la Barre Thomas à Rennes licenciés dans l'impunité sous couvert de « plan social », les neufs présumés saboteurs de Tarnac arrêtés sans preuves et accusés de terrorisme pour de simples actes de sabotages économiques comme le mouvement ouvrier en a toujours pratiqués, une personne poursuivie à Angers pour avoir
héberger des personnes sans papiers.
La liste n'est pas exhaustive mais elle prouve que la répression n'est pas un fantasme de « gauchistes » mais belle et bien une réalité, ici comme ailleurs.

Face à cet état de fait il ne faut ni s'apitoyer sur son sort, ni se résigner, ni se contenter de dénoncer verbalement cette situation d'injustice.
Il devient urgent d'agir, d'organiser la solidarité effective et de fédérer les forces de tous ceux qui refusent ce retour musclé et décomplexé de la répression politique de l'état français.

En effet, soutenir des sans papiers, participer à des manifs, s'opposer à des contrôles de police arbitraires, exprimer son opposition virulente à la politique de Sarkozy, faire grève et bloquer son lieu de travail ou d'étude, sont toutes des situation où l'on se retrouvera inévitablement confronté à la police et la justice, et qui donc, nécessitent un soutien.

De ce point de vue, la question n'est pas de savoir si la répression s'abat sur des personnes coupables ou innocentes, mais de prendre acte que toute lutte politique s'y trouvera confrontée.
Il s'agit ainsi de ne pas tomber dans le piège du pouvoir, le classique « diviser pour mieux régner ».
Pour cela il est nécessaire d'allier les différences forces de luttes sur Rennes et ses environs pour que personne ne reste isolé face aux instituions policières et judiciaires.

Il est également important d'affirmer que nous entendons inscrire ce combat contre la répression politique en complémentarité de toutes nos autres luttes.
C'est pourquoi nous envisageons également d'organiser la solidarité concrète avec des personnes inquiétés pour des actes de rébellion individuelle ayant une intensité politique (contestant l'ordre social actuel).

Nous avons donc décider la création d'un collectif rennais de solidarité contre la répression politique.
Le collectif décidera pour chaque cas si il accepte ou non de fournir son aide.
Ce collectif d'individus se fixe 4 objectifs :

1. Rendre visible les cas de répression politique sur Rennes et ses environs , grâce à l'organisation de rassemblements, de concerts de soutien et par la production de textes.

2. Diffuser un guide de défense juridique lors des manifs, rassemblements, actions, grèves, pour que personne ne reste impuissant face à la complexité des procédures judiciaires et policières.

3. Constituer une caisse de solidarité pour soutenir financièrement les personnes en prise avec la justice, et une liste d'avocats acceptant l'aide juridictionnelle et élaborant des lignes de défense avec les prévenus sans mettre en cause d'autres personnes.

4. Organiser des actions ou des meetings de soutien pour dénoncer la répression politique qui frappe d'autres camarades dans l'hexagone ou à l'étranger.